< PreviousMØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 hanche et à des adducteurs raccourcis, entraînent une pression excessive sur le cartilage mØdial du genou. Entraîner l’axe de la jambe, p. ex. avec une presse à cuisse unilatØrale (fi g. 3), peut se rØvØler effi cace. 4. Renforcer les extenseurs et les fl Øchisseurs du genou avec un angle de fl exion indolore. Les appareils d’entraînement musculaire isolØs conviennent bien, de prØfØrence avec un Øcran permettant de voir l’amplitude individuelle du mouvement indolore (fi g. 4). Cela rassure le / la client(e), qui ne doit plus uniquement se fi er à ses sensations concernant l’angle de fl exion. 5. Évitez les pics de force. Les changements brusques des pics de pression agissant sur le cartilage peuvent l’endommager plus qu’il ne l’est dØjà. Ainsi, il faut Øviter les «sports à risque», qui demandent p. ex. de trŁs rapides changements de direction. Une rØpartition lente de la charge sur toute la surface cartilagineuse permet de rØduire ce risque. Lors du renforcement musculaire, veillez à bien surveiller la technique du mouvement et assurez-vous que vos client(e)s Øvitent l’Ølan et les à-coups, surtout aux points d’inversion d’un mouvement (fi g. 5). Ces recommandations ne sauraient Œtre exhaustives. D’autres as- pects, tels que la capacitØ de stabilisation du torse, la fl exibilitØ de l’arriŁre de la jambe ou la mobilitØ des articulations des che villes, sont à prendre en compte pour s’assurer que les exercices sont correctement effectuØs, en particulier sur la presse à cuisse et l’appareil de fl exion du genou. Fig. 3: Presse à cuisse sur une seule jambe avec contrôle de l’angle individuel du genou. Fig. 5: Les pics de force provoquØs par des mouvements rapides et rØalisØs avec de l’Ølan sont contre-productifs, surtout si les cartilages sont dØjà endommagØs. Fig. 4: Le contrôle visuel de l’amplitude et du rythme du mouvement sØcurise les client(e)s qui souffrent d’arthrose. Force Temps Les pics de force et les mouvements réalisés avec de l’élan et par à-coups sont à éviter. Courbe optimale de la force Informations spécialisées sur la promotion du mouvement et de la santéMØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 Un mode de vie sain, socle de l’entraînement: zoom sur la gestion du stress Dans le sillage de la rØvision de la forma tion, qui est à prØsent entrØe en vigueur pour les volØes 2019 / 2022, le domaine de la promotion de la santØ gagne encore en impor- tance. L’objectif est de transmettre des connais- sances de base sur les me- sures gØnØrales de promotion de la santØ au quotidien, car celles-ci constituent un levier bien plus important pour enclen- cher des changements positifs que si le coaching se concentre exclusivement sur l’entraînement. L’entraînement purement physique ne prend en moyenne qu’environ 1,5 heure, 1 à 5 fois par semaine (1,5 à 7,5 h / semaine). Les 160,5 à 166,5 heures restantes relŁvent du quotidien. Il est Øvident que mŒme l’entraînement le plus effi cace perd ses vertus si, pendant tout le reste du temps quotidien, on adopte un mode de vie contre-productif. Le thème de formation «Promotion de la santé et intervention sur le mode de vie» a beaucoup d’importance dans l’apprentissage d’assistant/e en promotion de l’activité physique et de la santé. Par Urs Rüegsegger et AndrØ Tummer Le choix des stratØgies de gestion du stress dØpend de l’analyse des facteurs de stress individuels.MØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 Mauvaise habitude Hommes (annØes) Femmes (annØes) Tabagisme (> 10 cig. / jour)9,47,3 IMC > 303,13,2 Alcool > 4 verres / jour3,13,1 Forte consommation de viande2,42,4 Manque d’exercice1,11,1 Combinaison de 3 facteurs17,013,9 (cf. K. Li et al., 2014) Fig. 1: Courbe activation / performance Par le passØ, les Øtudes sur le mode de vie s’intØressaient surtout au risque de contracter une maladie coronarienne. Khera et al. ont pu prouver, p. ex., que les personnes ayant de fortes prØdispositions gØnØtiques aux maladies coronariennes peuvent rØduire leur risque presque de moitiØ en optant pour un mode de vie sain. De leur côtØ, les personnes prØsentant un faible risque hØrØditaire de maladie coronarienne perdent cet avantage sup- posØ en ayant un mode de vie malsain: comparØ au groupe de rØfØrence, leur risque augmentait de 82 %. D’aprŁs cette Øtude, un mode de vie sain consiste à ne pas fumer et à Øviter le sur- poids, à Œtre actif physiquement et à se nourrir sainement (cf. Khera AV et al., 2016, pp. 12-16). Une vaste enquŒte menØe en Allemagne avec plus de 22 000 participants (hommes et femmes de 40 ans et plus) a re- cueilli des donnØes pour Øtablir combien d’annØes de vie coßtent les mauvaises habitudes. Voici les rØsultats: Ce n’est que depuis peu que les Øtudes liØes au mode de vie s’intØressent à la gestion du stress. De nombreux ouvrages dØdiØs à l’Øquilibre entre vie professionnelle et vie privØe ont paru, pleins de bons conseils pour vivre longtemps et en bonne santØ. Cependant, le savoir thØorique n’entraîne gØnØralement pas de changement de comportement durable. Chacun sait que le tabac est nocif, et pourtant, d’aprŁs l’OMS, la Suisse compte 24,9 % de fumeurs, et se situe ainsi lØgŁrement au-dessus de la moyenne europØenne. Les mauvaises habitudes qui font du tort à la santØ ont souvent des causes Ømotionnelles profondes, qui font que la personne concernØe ne peut pas s’en dØbarrasser simplement. C’est là que les experts en santØ que nous sommes intervenons. Dans notre Øpoque oø tout doit aller vite, le stress est un dØclencheur de mauvaises habitudes de plus en plus important. C’est pourquoi nous traiterons ici tout d’abord en dØtail du sujet du stress, car il peut Œtre le plus grand obstacle au succŁs de l’entraînement. Dans ce qui suit, les aspects psychologiques pri- meront les aspects purement physiologiques, car pour que le coaching ait un impact positif, il faut impØrativement com- prendre le schØma de fonctionnement cognitivo-Ømotionnel de la personne, qui est liØ à son comportement. Du point de vue mØdical, le stress est une rØaction phy- sique par laquelle l’organisme augmente rapidement sa perfor- mance, et qui n’a pas d’effets pathologiques. Au contraire: la rØ- action de stress active l’Ønergie nØcessaire pour rØpondre aux exigences de l’environnement. Il s’agit là d’un niveau d’activation optimum et non maximum, qui rØduirait, lui, à nouveau la perfor- mance. Cela a ØtØ dØcrit en 1908 dØjà dans la loi de Yerkes-Dod- son, qui illustre le lien entre niveau d’activation et performance par une courbe en forme de U inversØ. Ainsi, on peut ressentir du stress lorsqu’il y a trop de sollicitation, mais aussi lorsqu’il y en a trop peu. Activation optimale Trop peu de sollicitation Trop de sollicitation Performance Activation Informations spécialisées sur la promotion du mouvement et de la santéMØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 Stress nØgatif Greif (1991) dØfi nit le stress nØgatif comme «un Øtat de tension dØsagrØable en rØaction à une situation subjectivement impor- tante aux exigences de laquelle il n’est pas possible de faire face avec les capacitØs et les possibilitØs existantes». Ainsi, deux ØlØ- ments sont prØsents dans une rØaction de stress: le stimulus Facteurs de stress internesFacteurs de stress externesÉvØnements critiquesCharges quotidiennes partant de la personne elle-mŒme physiologiques: p. ex. blessure, maladie, manque de sommeil, faim psychologiques: p. ex. attentes ØlevØes, anxiØtØ, manque d’estime de soi en dehors de la personne motifs sociaux: p. ex. isolement, mobbing, confl its, pression concurrentielle motifs professionnels: p. ex. pression des dØlais, monotonie, surcharge, travail postØ motifs liØs à l’environnement: p. ex. bruit, chaleur, froid ØvØnements positifs ou nØgatifs menant à une modifi - cation de la routine quotidienne et exigeant une adaptation du mode de vie L’Øventail va des ØvØnements agrØables (p. ex. naissance) aux ØvØnements trŁs nØgatifs (p. ex. dØcŁs d’un proche) petites choses rØcurrentes, qui ne sont pas vØcues de maniŁre aussi extrŒme que les ØvØnements critiques mais qui, en raison de leur frØquence, sont des facteurs de stress impor- tants: petits confl its, embouteil- lages, perte d’objets Les facteurs de stress dans le contexte professionnel jouent un rôle particulier à cet Øgard. RØaction physique au stress RØaction comportementale au stress RØaction cognitive au stress RØaction Ømotionnelle au stress 1. PrØmices / rØaction d’alerte: le corps freine d’un coup tous les processus mØtaboliques (mo- ment de choc, incapacitØ d’agir). Peu aprŁs, les rØserves d’Ønergie sont mobilisØes par activation du systŁme neuroendocrinien (surtout l’adrØna- line). La frØquence cardiaque et respiratoire aug- mente, du glucose et des acides gras sont libØrØs. 2. Phase de rØsistance ou d’action: la phase d’adaptation survient, le corps travaille contre le facteur de stress. 3. Phase de repos ou d’Øpuisement: quand le facteur de stress disparaît, le repos survient. S’il a agi de maniŁre prolongØe, l’organisme s’Øpuise et, dans le pire des cas, il peut y avoir dØpression. Le comportement d’un indi- vidu stressØ se caractØrise par une agitation motrice, de l’impatience et une action structurØe. La propension aux erreurs augmente, ce qui accroît encore le sentiment de stress. Les personnes concernØes tentent souvent de rØduire cette tension intØrieure par des comporte- ments d’insensibilisation (tabagisme, nourriture, alcool, mØdicaments). L’attention se limite au facteur de stress. Le fait que les pensØes tournent en rond autour de ce fac- teur restreint la perception des autres stimuli. L’indi- vidu devient incapable d’apprØcier objectivement et de maniŁre rØaliste la situation (survalorisation). Une forte mise à contri- bution des capacitØs co- gnitives limite la capacitØ langagiŁre et dØcisionnelle. Des sentiments nØgatifs comme l’anxiØtØ, l’impuis- sance, la culpabilitØ, la rage ou la colŁre apparaissent. Une sensibilitØ Ømotionnelle excessive se dØveloppe et entraîne des dØbordements Ømotionnels. agissant (facteur de stress) et l’Øvaluation subjective des capaci- tØs pour le gØrer. Facteurs de stress Le stress possŁde toujours des dØclencheurs: les facteurs de stress. Ils peuvent Œtre classØs dans les catØgories suivantes: (cf. Greiner, 2012, p. 18 ss.) (cf. Myers, D. G., 2013, p. 525 ss.)MØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 D’aprŁs Lazarus (1999), la rØaction au stress dØpend de l’Øvaluation cognitive individuelle de la situation et des stratØgies d’adaptation subjectivement existantes. Lors d’une Øvaluation dite primaire, la personne soupŁse si l’ØvØnement est important pour elle. Un ØvØnement stressant qui ne la touche pas immØdia- tement ne dØclenchera pas de stress. Lors de l’Øvaluation secon- daire, la personne Øvalue subjectivement de quelles capacitØs elle dispose pour gØrer le facteur de stress. Si elle considŁre ses res- sources comme suffi santes, elle ne ressentira pas de stress. Si elle Analyser son stress au lieu de refouler les symptômes est le seul moyen effi cace pour Ølaborer des stratØgies de gestion du stress. les considŁre insuffi santes, un sentiment de surmenage apparaît. Un ØvØnement identique peut dØclencher soit du stress positif, soit du stress nØgatif. Prenons un exemple simple: vous vous promenez dans un parc et remarquez qu’un gros chien accourt vers vous en remuant la queue. Évaluation primaire: vous Œtes directement concernØ(e), car le chien court clairement dans votre direction. Évaluation se- condaire: si vous aimez les chiens, vous allez sans doute vous rØjouir qu’il vienne vers vous et jouerez avec plaisir avec lui. Vous Informations spécialisées sur la promotion du mouvement et de la santéANNONCE ANS MILON À RÉUSSIR ENSEMBLE MILON Q TRAININGAVEC UNBUTPRÉCIS ETFACTEUR DEMOTIVATION Fixez votre rendez-vous de consultation personnelle: +41 (0) 41 780 39 00 suisse@milon.com ------- www.milon.ch considØrerez que vos ressources pour gØrer ce chien sont suffi - santes. Mais si vous avez dØjà ØtØ attaquØ(e) par un chien – peut- Œtre mŒme un chien identique –, vous vous sentirez probable- ment dØpassØ(e) par la situation et aurez peur. Ce qui suscite beaucoup de stress chez l’un(e) sera considØrØ par l’autre comme un dØfi stimulant. Le fait que le stress soit ressenti comme positif ou nØgatif rØsulte essentiellement de l’expØrience, du comporte- ment appris et de l’interprØtation subjective. Comprendre cela permet de transformer consciemment le comportement vis-à-vis du stress. La rØaction au stress La rØaction au stress est variØe et se produit sur les quatre plans dØcrits ci-aprŁs, qui s’infl uencent mutuellement. La rØponse physique rapide de l’organisme aux facteurs de stress prØpare à des rØactions de fuite, d’attaque ou de dØfense et assure la survie (p. ex. dans le cas des dØfenses immunitaires). Par contre, si la rØaction physique au stress dure trop longtemps, cela a des consØquences nØgatives sur la santØ. Pour le coaching, il est trŁs important de comprendre que ces quatre plans apparaissent en mŒme temps et s’infl uencent mutuellement. Ils sont susceptibles d’amplifi er la rØaction de stress, mais leur interdØpendance peut aussi favoriser la baisse du stress. Un apaisement sur l’un des plans peut se transmettre à un autre plan et permettre d’endiguer la rØaction de stress. C’est pourquoi diffØrents procØdØs de dØtente peuvent Œtre utilisØs. Les effets dØlØtŁres du stress permanent Le stress permanent ou chronique apparaît lorsqu’une situation se rØpŁte et devient incontrôlable. Le stress chronique peut faire des dØgâts considØrables au corps et à l’esprit. Le systŁme immu- nitaire souffre, le risque de maladies cardio-vasculaires aug- mente, tout comme le risque de troubles psychiques, entre autres. Les facteurs de risque suivants, en particulier, augmen- tent les effets dØlØtŁres sur la santØ: Conseil pour une mise en pratique directe: IMPORTANT: il faut savoir identifi er la nature des facteurs de stress pour pouvoir mettre en place une stratØgie ciblØe de gestion du stress dans le coaching.MØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 Informations spécialisées sur la promotion du mouvement et de la santé Sources: Greif, S. (1991). Einführung und Grundbegriffe. In S. Greif & E. Bamberg (Ød.), Psychischer Streß am Arbeitsplatz (p. 1-28). Göttingen: Hogrefe. Greiner, A. Grundlagen zur Stressentstehung, Stressreaktion und Stressbewältigung, 2012, pp. 18- 28, Ød. Springer, Berlin Heidelberg Khera AV et al. Genetic risk, adherence to a healthy lifestyle, and coronary disease. New Engl Med. 2016, La Nouvelle-OrlØans K. Li et al. Lifestyle risk factors and residual life expectancy at age 40. BMC Medicine 2014, pp. 12-59 Lazarus, R. S. (1999). Stress and emotion: A new synthesis. New York: Springer. Myers, D. G. (2013) Psychologie. 3 e Ød. Éd. Springer, Heidelberg, Berlin – maladies cardio-vasculaires – problŁmes stomacaux et intestinaux – risque d’infection accru – troubles du sommeil – maux de tŒte et migraines – maladies virales – maladies de la peau, allergies ou asthme – le stress peut faire apparaître les premiers symptômes de troubles mØtaboliques pas encore diagnostiquØs (mais existants) comme le diabŁte ou l’hyperthyroïdie – angoisses – acouphŁnes – dØpressions et burn-out – nervositØ, agitation – troubles de la concentration – TDA et TDAH Symptômes physiques et maladies provoquØs par le stress: Suractivation permanente associØe à une incapacitØ de rØcu- pØrer et de se dØtendre. Petit à petit, l’autorØgulation dans les phases d’effort se perd. ConsØquence: les personnes concernØes ne peuvent pas revenir à leur niveau de calme originel mŒme dans les phases sans stress aigu. Le cortisol, l’hormone du stress, joue ici un rôle central. Énergie non dissipØe. L’individu moderne ne peut pas Øvacuer l’Ønergie produite par une rØaction de stress comme autrefois, en se battant ou en prenant la fuite. Les nutriments libØrØs et inuti- lisØs (acides gras, glucose) s’accumulent dans le corps (cellules adipeuses, vaisseaux). ConsØquences: surpoids et augmentation du risque d’artØriosclØrose et d’infarctus. CompØtence immunitaire affaiblie. En cas de stress perma- nent, le cortisol entrave les dØfenses corporelles. La guØrison des blessures est elle aussi ralentie par le stress chronique. Comportement à risque pour la santØ. Comme nous l’avons vu plus haut, les personnes concernØes tentent d’Øvacuer le stress permanent par la fumØe, l’alcool, la nourriture ou les mØdica- ments. Ces mauvaises habitudes sont censØes rØduire à court terme le sentiment de stress, mais elles augmentent à long terme le risque de pathologies. Il est bien connu que les maladies non transmissibles, en particulier, sont causØes par de mauvaises ha- bitudes prolongØes. Symptômes physiques et maladies provoquØs par le stress Il y a plØthore d’exemples de troubles physiques et de maladies provoquØs par le stress. Jusque dans les annØes 1960, les re- cherches sur le stress supposaient toujours l’existence de liens de causalitØ directs. Les recherches actuelles nuancent les relations de cause à effet. Le stress ne provoque pas directement la forma- tion de cellules cancØreuses, p. ex. Mais c’est un catalyseur im- portant, qui favorise la probabilitØ d’apparition de diffØrents symptômes et maladies (voir encadrØ). Pour rØsumer, on peut dire que le stress chronique, provo- quØ par des facteurs de stress minimes mais constants, est l’une des causes les plus frØquentes de l’adoption d’habitudes nocives pour la santØ. AcquØrir des stratØgies de gestion du stress s’avŁre par consØquent trŁs judicieux pour reprendre en main les causes rØelles des comportements à risque. Ces connaissances fonda- mentales nous permettent à prØsent de faire le lien avec notre pratique professionnelle dans les centres de santØ, de rØØduca- tion et de fi tness. Nous aborderons les autres facettes de la promotion de la santØ et de l’intervention sur le mode de vie comme le sommeil, l’alimentation, etc. dans les numØros suivants de ce magazine spØcialisØ. MØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 Pour que l’entraînement s’insère durablement dans un planning parfois serré, les conditions-cadres individuelles doivent être bien défi nies. Les conseils de l’expert/e peuvent s’avérer déterminants. Par Urs Rüegsegger et AndrØ Tummer Mise en pratique: du pro de la muscu au coach de santé Identifi er les facteurs de stress et tester des stratØgies de gestion du stress sont donc les ØlØments essentiels d’un coaching axØ sur la santØ. L’application de ces connaissances possŁde cependant encore, dans notre branche, un immense potentiel d’amØlioration. Dans les nombreux exercices pratiques que nous passons en re- vue chaque annØe en notre qualitØ d’expert(e)s aux examens, nous constatons que si la question du mode de vie est abordØe au cours de l’entretien avec le/la client/e (parce que l’examen l’exige), elle est souvent totalement nØgligØe dans la pratique. Les conseils donnØs ne sont guŁre personnalisØs et plutôt superfi ciels: ainsi, ils sont rarement vraiment utiles pour la personne qui les reçoit. Conseil pour une mise en pratique directe: Une chose est claire: un stress non identifi Ø anØantit rapi- dement toutes les bonnes intentions en matiŁre d’entraî- nement. Pourquoi le taux d’abandon des client(e)s est-il aussi ØlevØ pendant les 8 premiŁres semaines? Parce qu’à côtØ des facteurs de stress non encore rØsolus, le sport est vu comme un facteur de stress supplØmentaire. Au lieu d’avoir du plaisir à s’entraîner, les client(e)s commencent à se chercher des excuses: «Je n’ai pas le temps.» Pour ne pas rester une formule creuse, l’Øquilibre entre vie professionnelle et vie privØe doit faire l’objet d’un examen attentif.MØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 La conclusion qu’on tire hâtivement en cas de coaching mal compris est que la plupart des gens sont trop fl emmards et ne veulent pas se bouger. Les futurs expert(e)s en promotion de l’activitØ physique et de la santØ savent toutefois que ce n’est pas la fl emme qui se cache derriŁre cela, mais un Øtat d’esprit inadØ- quat et un stress mal gØrØ. La gestion du stress Lors d’une premiŁre Øtape, vous devriez sensibiliser vos client(e)s à la question de la «gestion du stress». Vous pouvez le faire au moyen de prØsentations, d’affi ches, d’articles sur votre site web, etc. Sachez que vos client(e)s ne s’attendent pas à ce que vous abordiez ce thŁme. Ils/elles viennent avec l’idØe que vous allez mettre sur pied leur programme d’entraînement, leur montrer des exercices et vØrifi er qu’ils/elles les exØcutent correctement. Par cette sensibilisation, vos client(e)s ne seront pas pris/es de court lorsque vous travaillerez individuellement avec eux/elles. Organisez vos entretiens de conseil de maniŁre à avoir as- sez de temps. Si votre planning ne le permet pas, fi xez plusieurs rendez-vous avec le/la client/e. Lors du premier entretien, nous vous conseillons d’utiliser le questionnaire usuel sur le mode de vie et, selon les informations reçues, d’aborder une premiŁre fois la question du stress. Fixez ensuite un autre rendez-vous pour parler plus en dØtail de la gestion du stress. Vous pouvez utiliser, p. ex., l’Øchelle du stress perçu (PSS) de Cohen. Le but de cet en- tretien est d’identifi er les facteurs de stress et d’Ølaborer des me- sures pour lutter contre. Les client(e)s ne s’ouvriront pas tou(te)s immØdiatement à vous pour vous raconter ce qui leur pŁse rØellement. Il faut du temps pour cela, et surtout un rapport de confi ance. Celui-ci se dØveloppe souvent en apprenant à Øcouter les gens et en s’intØ- ressant rØellement à eux. StratØgies GØnØralement, le stress n’est pas solutionnØ en un tournemain. NØanmoins, il existe des stratØgies antistress que vous pouvez en- seigner de maniŁre effi cace avec un peu d’attention. IdØalement, une stratØgie contre le stress englobe plusieurs approches: 1. Piloter la perception du stress de maniŁre ciblØe et envisager le stress nØgatif de maniŁre positive ou neutre. 2. Mieux organiser les charges professionnelles et familiales et le temps libre, revoir ses attentes et les adapter à la situation actuelle. 3. Renforcer ses propres capacitØs. 4. Veiller à se dØtendre pour contrebalancer le stress. ReconsidØrer le stress et dØvelopper un Øtat d’esprit neutre, puis positif Le ressenti positif ou nØgatif – et donc pesant – du stress dØpend de l’apprØciation mentale. L’entraînement en tant que tel, ou le club de fi tness, sont dØjà des facteurs de stress nØgatifs pour certaines personnes. Elles ont peut-Œtre fait de mauvaises expØ- riences par le passØ ou ont des prØjugØs gØnØralisants. L’apprØ- ciation mentale des situations se produit constamment dans la tŒte des gens. Pour Øviter qu’elle n’empŒche d’agir, il est prØfØ- rable d’adopter une attitude neutre, surtout lorsqu’on entre en terrain inconnu. Prenons un exemple tirØ de la pratique: lorsqu’un client ressent une fatigue musculaire lors d’un exercice, ce n’est ni bien (positif), ni mal (nØgatif), mais seulement intØressant (neutre). Cette neutralitØ permet plus tard, en RESSENTANT les bienfaits de l’entraînement et en CONSTATANT que ce dernier est utile, d’envi- sager de maniŁre positive le facteur de stress. On peut transfor- mer une attitude neutre en attitude positive, mais il est trŁs diffi - cile de transformer une attitude nØgative en attitude positive, car gØnØralement, des pensØes et des comportements fi gØs existent dØjà. Par consØquent, Øcoutez bien ce que disent vos client(e)s. Quelqu’un/e qui avoue «devoir se forcer» et dØcrit l’entraînement comme une «torture» deviendra rarement un/e bon/ne client/e. Informations spécialisées sur la promotion du mouvement et de la santéMØdecine du mouvement – N˚ 2 / mars 2020 Fixer des objectifs rØalistes Avec votre client/e, identifi ez les cas de stress dans la vie de tous les jours et envisagez concrŁtement la frØquence et la longueur souhaitables de l’entraînement. PrØvoyez toujours suffi samment de marge pour les imprØvus. S’entraîner en Øtant pressØ/e ne pro- cure aucun plaisir et ne permet pas de se concentrer sur ce qu’on fait. Ne vous contentez pas des questions standard comme: «À quelle frØquence pouvez-vous entraîner?», mais demandez aussi: «Qu’est-ce qui pourrait vous retenir de vous entraîner?» Cela pourrait permettre de mettre le doigt sur les facteurs de stress nØgatifs au quotidien. Comprendre charge et dØcharge Votre client/e doit comprendre que selon la situation, il vaut mieux se «dØcharger» – soit se reposer activement – que se char- ger. Une personne souffrant de stress chronique ne se fera pas du bien si elle s’entraîne tout le temps de maniŁre trŁs intensive. De cette maniŁre, elle ne pourra jamais progresser. En tant que coach de santØ, vous devriez savoir expliquer les avantages des programmes de dØtente, des cours de fi tness en groupe plus lØ- gers et des entraînements peu intensifs, du sauna ou des mas- sages. Il peut cependant aussi arriver que le/la client/e ait connu un bref Øpisode de stress, par exemple au bureau, et qu’il/elle souhaite à prØsent y rØagir en Øvacuant l’Ønergie accumulØe. Dans ce cas, la personne sera encore plus stressØe si vous tentez de la faire changer d’avis. RØsumØ En tant qu’expert/e de la santØ, sachez qu’un stress nØgatif est souvent la cause d’un mode de vie malsain. Par votre coaching, apprenez à vos client(e)s à reconnaître ces sources de stress et à dØvelopper, avec votre aide, des stratØgies pour apprØhender le stress de maniŁre neutre ou positive. Ainsi, vous aurez mis en place les conditions requises pour que l’entraînement physique que vous avez prØparØ puisse Œtre suivi sur le long terme et porte ses fruits. Le coach de santØ devient une personne de confi ance pour de nombreux clients.Next >